
La muraille entre le Paradis et l'Enfer, et ses gens
الأعراف
Al-Aʿrâf désigne les hauteurs d'une muraille qui sépare le Paradis de l'Enfer. Sur ce promontoire se tiennent « les gens d'al-Aʿrâf », qui reconnaissent à leurs traits aussi bien les élus du Paradis que les damnés de l'Enfer. Selon l'interprétation la plus répandue, ce sont des gens dont les bonnes et les mauvaises œuvres s'équilibraient ; ils attendent, pleins d'espoir, l'admission au Paradis.
LA MURAILLE ET SES GENS — Le Coran décrit cette scène en 7:46-49 : « Les élus du Paradis et les damnés de l'Enfer seront séparés par une muraille sur laquelle se tiendront des hommes et des femmes, les gens d'al-Aʿrâf, qui reconnaîtront les uns et les autres à leurs signes distinctifs » (7:46). De là-haut, ils voient les deux groupes.
LEUR ESPÉRANCE — Ces gens n'ont pas encore été admis au Paradis, mais ils en ont l'ardent désir : « Les gens d'al-Aʿrâf ne seront pas encore entrés au Paradis, malgré leur désir ardent d'y être admis » (7:46). Tournés vers les élus, ils les saluent : « Paix à vous ! » Tournés vers l'Enfer, ils supplient : « Ne nous place pas, Seigneur, avec les impies » (7:47).
QUI SONT-ILS ? — L'interprétation la plus répandue chez les exégètes : ce sont des croyants dont les bonnes œuvres et les mauvaises s'équilibraient exactement, retenus un temps sur ces hauteurs avant que la miséricorde de Dieu ne les fasse entrer au Paradis. D'autres avis existent. Le Coran montre la fin heureuse : il leur sera dit « Entrez au Paradis, préservés de toute crainte et de toute affliction » (7:49).
UNE LEÇON SUR L'ORGUEIL — Du haut de la muraille, ils interpellent des damnés qu'ils reconnaissent : « Les richesses que vous amassiez et la fierté que vous affichiez ne vous ont été d'aucune utilité » (7:48). Et Dieu rappelle l'ironie du sort : ces damnés méprisaient sur terre des croyants pauvres en jurant qu'ils n'auraient jamais la grâce de Dieu — et ce sont justement ces croyants méprisés qu'on invite au Paradis (7:49).
Les gens d'al-Aʿrâf offrent une image d'espérance nuancée : même ceux dont le bilan est serré ne sont pas perdus ; la miséricorde de Dieu peut faire pencher l'attente vers le salut. Et la scène délivre une leçon sur les fausses valeurs : richesse et orgueil, qui impressionnaient ici-bas, ne pèsent rien là-haut. Ceux qu'on méprisait peuvent être les premiers appelés au Paradis.
Les élus du Paradis et les damnés de l'Enfer seront séparés par une muraille sur laquelle se tiendront des hommes et des femmes, les gens d'Al-A'râf, qui reconnaîtront les uns et les autres à leurs signes distinctifs.
7:46
« Entrez au Paradis, préservés de toute crainte et de toute affliction. »
7:49