
Le passage que chacun doit franchir au Jour du Jugement
الصراط
As-Sirât est le pont dressé au-dessus de l'Enfer, que tout être humain devra franchir au Jour du Jugement pour atteindre le Paradis. Le Coran annonce que nul ne l'évitera (19:71) : les pieux le traverseront et seront sauvés, les injustes y tomberont. Chacun avancera selon la lumière de ses œuvres — certains avec l'éclat de l'éclair, d'autres en rampant. Et c'est là que les destins se séparent à jamais : les bons passent, les mauvais ne peuvent les suivre.
TOUS DEVRONT LE FRANCHIR — Le Coran est clair : « Il n'est pas un seul d'entre vous qui ne doive l'affronter, conformément au décret irrévocable de ton Seigneur. Nous sauverons alors ceux qui auront craint le Seigneur et y abandonnerons les impies à genoux » (19:71-72). Le passage concerne toute l'humanité ; mais pour les croyants, c'est une traversée, et pour les autres, une chute.
SA DESCRIPTION — D'après les hadiths (Bukhari, Muslim), le Prophète ﷺ décrivit le Sirât : un pont dressé au-dessus de l'Enfer, dans l'obscurité totale, plus fin qu'un cheveu et plus tranchant qu'une épée, glissant, muni de crochets de feu qui happent ceux qui sont désignés. Les anges se tiennent sur ses bords en disant : « Seigneur, sauve ! Sauve ! »
CHACUN SELON SA LUMIÈRE — Le détail le plus saisissant : on traverse selon la lumière de ses œuvres. Le Coran : « Un jour viendra où l'on verra la lumière des croyants courir devant eux et sur leur droite » (57:12). Les hadiths précisent : certains passeront comme l'éclair, d'autres comme le vent, comme un cheval au galop, en courant, en marchant — et le dernier, dont la lumière n'éclaire que son gros orteil, avancera en rampant. La vitesse dépend des actes accomplis ici-bas.
LES MAUVAIS NE PEUVENT SUIVRE LES BONS — C'est le point décisif. Au moment du passage, les hypocrites verront la lumière des croyants et voudront s'en servir : « Ce Jour-là, les hypocrites diront aux croyants : "Attendez-nous que nous profitions de votre lumière." Il leur sera lancé : "Revenez en arrière en quête d'une lumière !" Sera alors dressée entre les croyants et les hypocrites une muraille ayant une porte : devant elle, la miséricorde ; derrière elle, le châtiment » (57:13). Les bons avancent dans la lumière de leurs œuvres ; les mauvais, restés sans lumière, ne peuvent les rejoindre. Une muraille les sépare définitivement.
LE PROPHÈTE ﷺ À LA FIN DU PONT — Selon les hadiths, le Prophète Muhammad ﷺ se tiendra près du Sirât, implorant pour sa communauté : « Seigneur, sauve-les ! Sauve-les ! » — le premier des prophètes à faire traverser son peuple.
Le Sirât traduit en image une vérité : ce qui nous fait avancer dans l'obscurité de ce passage, ce ne sont ni les autres, ni la chance, mais notre propre lumière — nos œuvres. Et personne ne peut nous prêter la sienne : l'hypocrite ne peut emprunter la lumière du croyant. C'est l'ultime rappel de la responsabilité individuelle. Mais c'est aussi une consolation : celui qui aura semé le bien, même peu, aura de quoi s'éclairer ; et le Prophète ﷺ, à la fin du pont, priera pour les siens.
Il n'est pas un seul d'entre vous qui ne doive l'affronter, conformément au décret irrévocable de ton Seigneur.
19:71
...Sera alors dressée entre les croyants et les hypocrites une muraille ayant une porte devant laquelle se trouvera la miséricorde et derrière laquelle se trouvera le châtiment.
57:13