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Les deux anges qui interrogent le défunt dans sa tombe

Munkar et Nakîr (les anges de la tombe)

منكر ونكير


L'essentiel

Munkar et Nakîr sont les deux anges qui viennent interroger le défunt dans sa tombe, juste après l'enterrement. Leurs noms ne sont pas dans le Coran (ils viennent d'un hadith de Tirmidhi), mais l'épreuve de la tombe (fitnat al-qabr) est solidement établie et fait l'unanimité chez les savants sunnites. Ils posent trois questions : Qui est ton Seigneur ? Quelle est ta religion ? Qui est ton prophète ? Le croyant répond avec assurance ; l'hypocrite reste sans voix.


Le récit

L'ÉPREUVE DE LA TOMBE — Selon un hadith (rapporté par Bukhari, Muslim, Tirmidhi, Nasâ'î...), lorsque le défunt est déposé dans sa tombe et que ses proches s'éloignent — au point qu'il entend encore le bruit de leurs pas —, son âme lui est rendue, et deux anges viennent l'asseoir et l'interroger.

LES TROIS QUESTIONS — Ils lui demandent (selon la Sunna authentique) : • « Qui est ton Seigneur ? » • « Quelle est ta religion ? » • « Qui est ton prophète ? » (dans le hadith : « Que disais-tu de cet homme ? », c'est-à-dire le Prophète Muhammad ﷺ).

LES DEUX RÉPONSES — Le croyant répond avec fermeté : « Mon Seigneur est Allah, ma religion est l'islam, et mon prophète est Muhammad ﷺ. » Les anges lui disent alors : « Nous savions bien que tu répondrais ainsi. » Sa tombe est élargie (soixante-dix coudées) et illuminée ; on lui montre sa place au Paradis. L'hypocrite ou le mécréant, lui, ne sait que balbutier : « Ah... ah... je ne sais pas, je disais ce que les gens disaient. » C'est l'application du verset : « Allah raffermit les croyants ici-bas et dans l'au-delà par cette bonne parole dont Il détourne les mécréants » (14:27).

LEUR DESCRIPTION — C'est là qu'ils impressionnent ! Selon les hadiths et ce qu'en rapportent les savants (Fat-h al-Bârî), ils sont d'un noir bleuté, leurs yeux sont rouges comme des chaudrons de cuivre, leurs canines (comme des cornes de vaches) fendent la terre, et leur voix est comme le tonnerre. Al-ʿAynî explique qu'ils ont été nommés Munkar et Nakîr (de la racine « méconnu ») parce qu'ils ne ressemblent à rien de connu — ni aux hommes, ni aux anges habituels, ni aux animaux.

LE RETOURNEMENT — Et voici le plus beau : malgré cet aspect terrifiant, le croyant accompli ne tremble pas. Allah raffermit son cœur, et il se réjouit même de leur venue, car il sait qu'il est sauvé. Leur apparence n'effraie vraiment que celui qui a de quoi craindre. Le supplice ou la félicité de la tombe, et l'interrogatoire de ces deux anges, font partie de la croyance sunnite (consensus rapporté par Ibn al-Qattân).


La leçon

L'épreuve de Munkar et Nakîr rappelle que la foi ne se récite pas, elle se vit : on ne pourra pas « réviser » ces réponses au dernier moment. Le croyant qui aura vécu sa foi sincèrement répondra naturellement ; celui dont la foi n'était que de façade restera muet. Leur aspect effrayant n'est pas une cruauté : c'est un miroir. Pour l'âme en paix avec son Seigneur, ces « visages terribles » deviennent presque une bonne nouvelle.


Versets du Coran

Allah raffermit les croyants ici-bas et dans l'au-delà par cette bonne parole dont Il détourne les mécréants. Allah agit toujours comme Il l'entend.

14:27