
L'insecte inspiré, dont le miel est un remède
النحل
Le Coran évoque l'abeille comme un signe de Dieu. Il dit que Dieu lui a « inspiré » (awhâ) de bâtir ses ruches dans les montagnes, les arbres et les abris des hommes, puis de butiner toutes les fleurs. De son corps sort une liqueur — le miel — aux couleurs variées et aux vertus curatives. Un être minuscule, guidé par Dieu, qui produit un remède pour les hommes.
Dans la sourate qui porte son nom, le Coran s'arrête sur l'abeille comme l'un des signes les plus admirables de la création. Le texte emploie un mot remarquable : Dieu a « inspiré » l'abeille (le terme arabe est awhâ, de la même racine que la révélation faite aux prophètes, mais ici au sens d'une inspiration instinctive placée en elle par Dieu).
Cette inspiration la guide : prendre demeure dans les montagnes, les arbres, et les ruches que les hommes lui aménagent ; puis butiner toutes sortes de fleurs et de nectars, en empruntant les chemins que Dieu lui a facilités.
De ce travail sort une liqueur — le miel — aux couleurs diverses, dont le Coran dit qu'elle contient « une guérison pour les hommes » (fîhi shifâʾun li-n-nâs). Et le Coran conclut : voilà bien un signe pour qui veut méditer. Comment un si petit être accomplit-il un travail si ordonné, et produit-il une telle merveille ? La réponse, pour le croyant, est dans la guidance de Dieu.
À noter aussi : le miel ne figure pas seulement ici-bas. Le Coran décrit le Paradis comme parcouru de rivières — d'eau qui jamais ne s'altère, de lait, de vin et « de miel parfaitement pur » (sourate Muhammad, 47:15). Le texte ne précise pas l'origine de ce miel céleste, et n'établit pas qu'il proviendrait d'abeilles : c'est un délice créé par Dieu, dont Lui seul connaît la nature. On se garde d'affirmer ce que le Coran ne dit pas.
L'abeille enseigne l'ordre et l'utilité au service du bien : guidée par Dieu, elle travaille sans relâche, ne prend que le pur (le nectar des fleurs) et n'en sort que du pur et de l'utile (le miel). Elle est, dans la tradition, un modèle du croyant : discret, laborieux, qui ne se nourrit que de ce qui est bon et ne laisse derrière lui que du bien. Et elle invite à méditer sur la sagesse de Dieu dans Sa création.
وَأَوْحَىٰ رَبُّكَ إِلَى ٱلنَّحْلِ أَنِ ٱتَّخِذِى مِنَ ٱلْجِبَالِ بُيُوتًا وَمِنَ ٱلشَّجَرِ وَمِمَّا يَعْرِشُونَ
Quant aux abeilles, ton Seigneur leur a inspiré de trouver refuge dans les montagnes, les arbres et les abris que les hommes ont aménagés,
16:68
ثُمَّ كُلِى مِن كُلِّ ٱلثَّمَرَٰتِ فَٱسْلُكِى سُبُلَ رَبِّكِ ذُلُلًا ۚ يَخْرُجُ مِنۢ بُطُونِهَا شَرَابٌ مُّخْتَلِفٌ أَلْوَٰنُهُۥ فِيهِ شِفَآءٌ لِّلنَّاسِ
puis de butiner toutes sortes de nectars et d'emprunter les voies que leur Seigneur leur a rendues si aisées. De leurs jabots sort une liqueur aux vertus curatives et aux couleurs variées. Voilà bien un signe pour des hommes capables de le méditer.
16:69
Voici la description du Paradis promis à ceux qui craignent leur Seigneur : y coulent des rivières dont l'eau jamais ne s'altère, des rivières de lait gardant toujours la même saveur, des rivières de vin délicieux à boire et des rivières de miel parfaitement pur.
47:15