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Le tronc de la mosquée pleura le Prophète ﷺ quand il le délaissa

Le tronc de palmier qui gémit

حنين الجذع


L'essentiel

Dans la mosquée de Médine, le Prophète ﷺ prononçait ses sermons appuyé sur un tronc de palmier. Le jour où l'on installa une chaire (minbar) et qu'il délaissa le tronc, celui-ci gémit comme un être vivant, jusqu'à ce que le Prophète ﷺ vienne le caresser — ou, selon une autre version, l'enlacer — pour l'apaiser. C'est l'un des miracles les mieux attestés qui soient : rapporté par plus de dix Compagnons, il atteint le degré mutawâtir.


Le récit

Aux premiers temps de Médine, la mosquée du Prophète ﷺ était une simple construction de troncs et de branches de palmier. Lorsqu'il s'adressait aux fidèles, le Prophète ﷺ se tenait debout, appuyé contre l'un de ces troncs.

Un Compagnon lui proposa de fabriquer une chaire (minbar) à trois marches, pour qu'il se tienne plus haut et que tous entendent son sermon du vendredi. Le Prophète ﷺ accepta.

Mais le jour où il monta sur le minbar, laissant le tronc qu'il avait si longtemps côtoyé, celui-ci se mit à gémir. Jâbir ibn ʿAbdillah rapporte qu'on l'entendit pleurer comme une chamelle pleine, au point de se fendre. Selon une autre version, il gémit comme un enfant. Le Prophète ﷺ descendit, vint à lui et le caressa de sa main — dans une version, il l'enlaça — jusqu'à ce qu'il s'apaise, « comme s'apaise le nourrisson qu'on console ».

On rapporte que le tronc pleurait le rappel de Dieu (dhikr) qu'il entendait auprès du Prophète ﷺ. Plus tard, quand la mosquée fut reconstruite, le Compagnon Ubayy ibn Kaʿb recueillit ce tronc et le garda chez lui, jusqu'à ce que le temps et les termites le réduisent en poussière.


La leçon

Le tronc qui gémit rappelle que même l'inanimé peut ressentir le manque du Prophète ﷺ et l'amour du rappel de Dieu. Si un morceau de bois pleura de nostalgie pour le dhikr qu'il entendait, quelle devrait être la ferveur d'un cœur humain ?